Le Réseau Ouest‑Africain des Femmes Handicapées (ROFAH) organise à Conakry un atelier de deux jours consacré aux violences basées sur le genre (VBG) touchant les personnes en situation de handicap en Guinée. L’objectif est de renforcer les capacités des acteurs de la protection afin d’améliorer la défense des droits de cette catégorie particulièrement vulnérable.

La prévention, la prise en charge et la coordination des cas de VBG chez les personnes en situation de handicap seront au cœur des débats. Bangaly Camara, coordinateur du projet « Justice pour les survivantes », explique que l’initiative vise à fédérer les mécanismes existants et à mieux référencer les cas nécessitant une prise en charge adaptée.
« Une enquête réalisée en 2025 a montré le faible taux de prise en charge des VBG chez les femmes et filles en situation de handicap en Guinée » rappelle Bangaly Camara, justifiant ainsi la tenue de cet atelier.
Parmi les participants figurent des agents de l’OPROGEM, des cadres du département de tutelle et plusieurs organisations impliquées dans la lutte contre les VBG.

Diallo Mamadou, chef de section chargé de la promotion des droits des personnes en situation de handicap à la Direction nationale de la Solidarité, se réjouit de cette initiative. Il souligne que les femmes et filles, handicapées subissent autant de violences que les personnes valides, mais qu’on en parle beaucoup moins.
Il espère que, à l’issue de l’atelier, des mesures concrètes seront prises par les autorités compétentes pour réduire sensiblement ces violences.

Le colonel Marie Sylla, chef de division prévention à l’OPROGEM, insiste sur la nécessité d’une prise en charge complète et appropriée des filles et femmes en situation de handicap. Selon elle, cette catégorie est particulièrement ciblée par les VBG parce qu’elle manque souvent de moyens pour se plaindre.
Réunir les acteurs et donner une visibilité aux souffrances de ces personnes est, à ses yeux, essentiel pour mieux prévenir et gérer ces situations.
Au cours de l’atelier, les participants seront formés aux concepts liés au genre et aux VBG : formes, causes et conséquences, ainsi qu’à l’identification des facteurs de risque spécifiques auxquels sont exposées les filles et femmes en situation de handicap.
L’accent sera également mis sur l’application des principes directeurs d’une prise en charge centrée sur les survivantes, l’intégration d’une approche inclusive dans les mécanismes de prévention et de réponse, et le renforcement de la coordination multisectorielle entre les différents acteurs.
Maïmouna Bangoura
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