La Guinée compte 155 885 personnes handicapées soit 1,5 % de la population totale du pays selon les statistiques du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2014. Cette couche est confrontée à des difficultés comme l’accès aux services de santé sexuels et reproductifs. Les services de santé publiques et privés existants ne sont pas adaptés aux besoins spécifiques des personnes handicapées en matière d’ information, de conseil voir même d’outils et d’équipement. S’agissant de l’ accesibilité aux services de planification familiale, les personnes handicapées intérrogées évoquent également le manque de considération et d’écoute dans les structures de santé.
Fatou Sylla malvoyante, mariée et mère de trois de garçons relate quelques problèmes rencontrés « Nous rencontrons assez de problèmes dans les structures de santé. Le personnel n’a pas de considération pour nous, on nous laisse pas le temps d’exprimer nos besoins bref on n’est pas écouté ». Le personnel de santé doit nous traiter comme les personnes valides puisque nous sommes des humains aussi ce qui signifie nous avons les mêmes droits ». Elle invite l’ Etat à mettre en place une loi, qui favorisera leur meilleur accès aux services de santé publiques et privés du pays. Mais aussi les doter d’outils qui correspondent à leurs besoins.
Abdourahamane Kamano un autre handicapé célibataire, connaît certaines méthodes contraceptives comme l’ implant, le dépôt et le preservatif qu’ il utilise pour ses relations intimes. Lui aussi parle de manque de considération, de stigmatisation dans les services de santé. Il souligne aussi le problème de déplacement d’une catégorie de personnes handicapées comme lui » Moi j’ ai un handicap au pied, le déplacement surtout la traversée des routes me cause problème car j’ ai peur d’être renversé par les voitures ou motos avec l’ imprudence de certains conducteurs. On a mis des paserelles par endroits sans tenir compte des personnes handicapées ça constitue un frein pour nous. Seul l’ État peut nous aider ».
Les formes de handicap les plus courantes en Guinée sont les handicaps moteurs (mains et jambes), suivis des handicaps intellectuels (fous), de la cécité, de la surdité et de l’albinisme.
Les difficultés citées plus haut sont presque les mêmes dans des pays comme la Côte d’ Ivoire et le Burkina Fasso. Pourtant, depuis 1994, la Santé sexuelle et reproductive est reconnue comme un droit de l’homme lors de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement et par la Convention Internationale des Droits de la Personne Handicapée.
D’ après l’OMS, les personnes handicapées représentaient en 2023 seize pour cent
( 13%) de la population mondiale et les pays en développement sont les plus concernés par le handicap, car 8 sur 10 y vivent. D’ où la nécessité dit- elle d’une approche inclusive et intégrée pour garantir que les personnes handicapées puissent exercer leurs droits à la planification familiale de manière autonome et dans le respect de leur dignité.
Sur les 160 nouvaux utilisateurs de la planification familiale enregistrés au mois d’ août 2025 au centre de santé de Tomboliya (Conakry) ne figure aucune personne handicapée souligne la sage femme Gobou Rose Traoré.
Le même centre de santé a lancé mardi 2 septembre 2025 une campagne de sensibilisation de 5 jors sur la planification familiale. Le premier jour déjà aucun handicapé n’a obtenu de tickets sur les 100 qui ont été distribués affirme Housseinatou Baldé agent communautaire.
Toutes les deux évoquent l’importance du renforcement de capacités du personnel de santé pour satisfaire cette couche vulnérable.
Irène une autre sage-femme trouvée dans sa clinique dit avoir fait la planification familiale pour certaines femmes handicapées dans le centre de santé qu’ elle servait il y’a 3 ans. Pour sa clinique, elle cherche une approche pour les intégrer notamment le cas des aveugles et des sourds muets qui nécessitent un interprète approprié.
Adoptée en juillet 2000 la loi sur la santé de la reproduction vient d’être soumise à une révision auprès du Conseil National de la Transition CNT pour y inclure entre autre les spécificités de prise en charge des personnes avec handicap en Guinée à travers le renforcement de capacités du personel soignant mais aussi l’amélioration de l’accessibilité des structures de santé de reproduction.
En plus de l’inaccessibilité des infradtructures, les pesanteurs sociales, l’analphabétisme et la méconaissance des lois qui protègent les personnes vivants le handicap PVH font que bon nombre d’entre eux n’ ont pas accès aux soins de santé appropriés en zone urbaine et rurale.
Adoptée en juillet 2000 la loi sur la santé de la reproduction est en cours de soumission pour sa revision afin de fournir des services plus inclusifs en faveur des couches vulnérables.
Il s’agit entre autre d’y inclure les spécificités de prise en charge des personnes avec handicap en Guinée à travers le renforcement de capacités du personel soignant mais aussi l’amélioration de l’accessibilité des structures de santé de reproduction. Ces changements interviennent après les plaidoyers des ONG comme l’ organisation aux secours des handicapés de Guinée OSH Guinée qui évoluent dans le domaine du handicap depuis de longues années.











