L’ancien président de la Cour constitutionnelle de Guinée, Mohamed Lamine Bangoura, a comparu ce mercredi 18 février 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières. Il s’agit de sa première comparution publique depuis son placement en détention préventive en décembre 2022.
L’ancien haut responsable judiciaire est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité. Le dossier porterait, selon l’accusation, sur un montant d’environ 20 milliards de francs guinéens, soupçonné d’être lié à un mécanisme présumé de malversations financières.
À la barre, l’accusé a rejeté catégoriquement l’ensemble des faits. Il a plaidé non coupable, contestant l’existence même des fonds évoqués par le parquet et estimant que les accusations reposent sur des bases qu’il juge infondées.
Cette position de défense laisse entrevoir un procès potentiellement long et technique. Les échanges devraient notamment porter sur l’origine et la traçabilité des flux financiers incriminés, la réalité des infractions alléguées ainsi que le niveau de responsabilité personnelle de l’ancien président de l’institution constitutionnelle.
Après une première audience relativement courte, le juge Yagouba Conté a renvoyé l’affaire au 23 février 2026. Cette décision a été motivée par l’heure avancée de la séance et par la nécessité d’assurer de meilleures conditions pour la suite des débats, notamment avec la comparution des autres prévenus.
Détenu depuis le 15 décembre 2022 à la Maison centrale de Conakry, Mohamed Lamine Bangoura avait dirigé la Cour constitutionnelle sous la présidence de Alpha Condé. Dans ce dossier, il est poursuivi aux côtés de Amadou Diallo, Sidiki Sylla et Rouguiatou Barry, cette dernière étant actuellement en fuite.
Djiwo Bah














