Le Procureur spécial près du Tribunal pour enfants de Conakry, Dr Cé Avis Gamy, a mené une tournée d’inspection dans plusieurs structures d’accueil de la capitale et de sa périphérie afin d’évaluer les conditions de prise en charge des mineurs vulnérables.
Le but est de constater la réalité du terrain, apprécier l’engagement des responsables et s’assurer du respect du cadre légal applicable aux centres d’accueil.
Dr Gamy s’est déclaré globalement satisfait du dévouement des équipes qui assurent quotidiennement la prise en charge des enfants.
Cependant, il a relevé d’importantes difficultés matérielles et financières affectant plusieurs établissements, dont certains fonctionnent principalement grâce à leurs ressources propres et auraient besoin d’un soutien accru de l’État pour assurer leur mission.
Le Procureur a rappelé que tout centre d’accueil doit être dûment autorisé et agréé par les autorités compétentes. Il a souligné que le placement d’un enfant dans une structure doit reposer sur une décision ou une ordonnance du Tribunal pour enfants.
Il a donc invité les responsables des centres non conformes à se rapprocher du Tribunal afin de régulariser la situation des pensionnaires concernés.
Pour l’autorité judiciaire, le respect du cadre juridique est une garantie essentielle pour la sécurité des enfants et la crédibilité des structures d’accueil. Il permet aussi de clarifier les responsabilités de chacun dans la protection des mineurs.
Joseph Papus Tounkara, président et coordonnateur national de la Coordination des Orphelinats de Guinée, a salué l’initiative et profité de l’occasion pour alerter sur la précarité de nombreux centres. Il a cité parmi les principales difficultés le paiement des loyers, les factures d’eau et d’électricité, la scolarisation et l’alimentation des enfants.
Face à ces problèmes, il a plaidé pour un accompagnement technique et financier durable en faveur des structures engagées dans la protection de l’enfance.
À l’issue de la tournée, les autorités judiciaires ont réaffirmé la nécessité d’une meilleure organisation du système de protection de l’enfance, fondée sur le strict respect du cadre légal et sur un accompagnement structuré de l’État.
La protection des enfants vulnérables reste un défi collectif qui requiert l’implication des pouvoirs publics, des acteurs judiciaires, des structures d’accueil et de l’ensemble des partenaires.
Moussa Sylla
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