Un an après les violences meurtrières ayant opposé les localités de Gbredou-Baranama et Sanana, relevant de la préfecture de Kankan, les plaies restent ouvertes. Les événements survenus dans la nuit du 12 septembre 2024 continuent de marquer profondément les communautés concernées.
Au cours de cet affrontement, plus de cas de morts et des blessés graves ont été enregistrés, dont Mohamed Condé, aujourd’hui amputé de ses deux mains.
À l’ouverture des audiences judiciaires dernier lundi à Kankan, le jeune homme, devenu symbole de ce drame humain, a pris la parole avec une détermination empreinte d’émotion. Entouré de membres de sa famille et de proches venus de Sanana, Mohamed Condé s’est exprimé en ces termes : « Je suis originaire de Sanana, mais ce jour-là, je me trouvais à Kankan. Je n’étais pas informé des affrontements. En traversant Baranama, sept motards se sont mis à ma poursuite sans que je ne sache qu’ils me visaient et me poursuivaient. En cours de route, ils m’ont arrêté avec trois autres personnes, conduits chez le sous-préfet, puis nous ont mis dans une salle de classe. Vers 21 et 22 heures, ils ont barricadé la porte, puis m’ont amputé des deux mains, blessé une autre personne et tué deux individus. Depuis ce drame, ce sont mes proches qui prennent entièrement en charge mes besoins. »
Souffrant depuis plusieurs mois, Mohamed Condé a affirmé placer toute sa confiance en la justice guinéenne. « Je salue l’ouverture de ces audiences. Je souhaite que justice soit rendue et que ma famille soit indemnisée. Ce procès doit permettre d’établir la vérité, de situer les responsabilités et de reconnaître les préjudices subis par les victimes », a-t-il déclaré.
Pascal Kolié, correspondant régional à Kankan.
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