À l’occasion de la Journée mondiale de l’Éducation, de la culture africaine et afrodescendante, l’ONG Oméga a tenu, ce samedi 24 janvier 2026, une conférence de presse à la Maison de la presse de Conakry. La rencontre s’est articulée autour du thème : « L’éducation, moteur de l’émergence de la Guinée ».
Prenant la parole devant les journalistes, Mme Marthe Dédé Koivogui, présidente et fondatrice de l’ONG Oméga ainsi que de plusieurs organisations partenaires engagées en faveur des femmes et des enfants en Guinée et en Afrique, a livré une analyse critique de la situation du système éducatif guinéen. Selon elle, le pays se trouve à un moment charnière de son histoire, confronté au choix entre l’immobilisme et le progrès social fondé sur l’investissement dans le capital humain.
S’appuyant sur des données issues de rapports nationaux et internationaux, Mme Koivogui a rappelé que près de 50 % des enfants en âge de fréquenter le collège ne sont pas scolarisés en Guinée, selon l’UNICEF. Une réalité encore plus alarmante pour les filles. D’après les enquêtes MICS, environ 17 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans, et plus de 45 % avant 18 ans, compromettant ainsi leur accès à l’éducation et leur avenir socio-professionnel.
La présidente de l’ONG Oméga a également mis en lumière les bénéfices économiques et sociaux liés à l’éducation des filles. Elle a indiqué qu’une année supplémentaire de scolarisation peut augmenter les revenus individuels de 10 à 20 %, tout en contribuant à rompre le cycle intergénérationnel de la pauvreté. Par ailleurs, une femme instruite est davantage susceptible de scolariser ses enfants et d’améliorer leurs conditions de santé et de survie.
Face à ces constats, l’ONG Oméga a formulé plusieurs recommandations à l’endroit des pouvoirs publics et des acteurs sociaux. Elle exhorte notamment le gouvernement à honorer l’engagement de Dakar en consacrant au moins 20 % du budget national à l’éducation, à assurer la gratuité effective des fournitures scolaires pour les filles en milieu rural et à renforcer l’application des lois contre les mariages précoces.
La société civile est, quant à elle, appelée à renforcer la vigilance communautaire, tandis que les familles sont invitées à considérer l’éducation non comme une charge, mais comme « une dot pour la vie ».
Mamadou Bah














