En Libye, où le système de santé reste fragilisé par des années de conflit et d’instabilité, l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) a mis en place une formation spécialisée basée sur la simulation pour renforcer les compétences des sages-femmes et du personnel infirmier dans la gestion des urgences obstétricales et néonatales. Grâce à des scénarios réalistes et des exercices pratiques, cette initiative permet aux participantes de perfectionner leurs compétences cliniques et leur coordination en maternité, selon la GIZ.
Dans un système de santé sous pression, les sages-femmes libyennes continuent d’assurer des soins essentiels aux mères et aux nouveau-nés, souvent avec des moyens limités. « Dans les régions du sud, nous assumons souvent toutes les étapes des soins maternels. Nous accompagnons les femmes tout au long de l’accouchement et devons être prêtes à réagir face aux complications », témoigne une responsable du service de maternité dans un hôpital libyen.
Depuis la formation, elle coordonne plus efficacement son équipe sous pression, communique ses instructions avec plus de clarté lors de complications et assume désormais un rôle de mentore auprès des jeunes sages-femmes et infirmières, en leur transmettant les enseignements pratiques issus des simulations.
Une reconnaissance progressive malgré les stigmates
La formation s’inscrit dans le cadre du projet Renforcement du système de santé et de la réponse aux pandémies, financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ) et mis en œuvre conjointement par la GIZ et le ministère de la Santé libyen.
Le système de santé libyen peine à se remettre du choc de la révolution de 2011, qui a entraîné le départ massif du personnel expatrié, laissant de nombreux hôpitaux sous-équipés et dépourvus de programmes structurés pour former sages-femmes et infirmiers. Selon Médecins Sans Frontières (MSF), les établissements souffrent toujours d’une main-d’œuvre instable, d’équipements inopérants et de problèmes chroniques d’approvisionnement.
La profession de sage-femme reste également un défi social, longtemps stigmatisée, même si les mentalités évoluent progressivement grâce aux résultats tangibles obtenus sur le terrain, souligne le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).









