L’Institut itinérant de formation et de prévention intégrées contre la drogue et autres conduites addictives (IIFPIDCA) a présenté, à Conakry le 26 juin 2026, les résultats d’une enquête nationale montrant que la chicha est la substance la plus consommée chez les adolescents de 15 à 18 ans en Guinée. Les autorités sanitaires et sécuritaires tirent la sonnette d’alarme face à l’ampleur du phénomène et aux difficultés de prise en charge.
L’ annonce a été faite lors d’une rencontre organisée à Conakry à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues.
L’IIFPIDCA a rendu publics les chiffres d’une enquête conduite en milieu scolaire pour mesurer la prévalence des consommations de substances psychoactives chez les adolescents. L’étude porte sur la tranche d’âge 15–18 ans et vise à identifier les produits les plus accessibles et les plus banalisés socialement.
Selon l’IIFPIDCA, la chicha arrive en première position avec un taux de consommation de 28,87% chez les 15–18 ans, suivie par l’alcool (15,67%), le protoxyde d’azote (1,94%) et la drogue dite « Kush » (0,94%). Ces chiffres montrent une nette prédominance des substances perçues comme socialement acceptables ou facilement accessibles.
Les spécialistes présents ont alerté sur les conséquences sanitaires et les difficultés de prise en charge des personnes dépendantes. Plus de 145 patients sont actuellement suivis pour des addictions, principalement liées au cannabis, au crack et à la drogue Kush. Les professionnels signalent une faible proportion de guérison, des rechutes fréquentes et des coûts de traitement élevés, qui limitent l’efficacité des prises en charge.
Les services de sécurité ont indiqué que plusieurs substances continuent de circuler sur le marché illicite : cannabis, cocaïne, crack, tramadol et associations de médicaments détournés de leur usage médical. Des cas d’utilisation de Valium mélangé à des boissons énergisantes, du Néocodion, de protoxyde d’azote et de la drogue Kush ont également été signalés, illustrant la diversité des produits en circulation.
La Direction du renseignement et des enquêtes douanières a mis en garde contre l’évolution constante des méthodes de trafic et confirmé que les opérations visant à démanteler les réseaux se poursuivent. Les autorités insistent sur la nécessité d’une coordination renforcée entre acteurs de la santé, de l’éducation et des forces de sécurité pour prévenir la consommation et améliorer la prise en charge.
L’enquête de l’IIFPIDCA met en lumière une réalité préoccupante : la banalisation de certaines substances chez les adolescents et les difficultés structurelles à traiter les addictions. Une stratégie nationale intégrée, combinant prévention en milieu scolaire, renforcement des contrôles et amélioration des services de soins, apparaît indispensable pour inverser la tendance.
Ibrahima S Bah.
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