Le procès en appel de l’ancien ministre de la Défense nationale sous le régime d’Alpha Condé, Dr Mohamed Diané, a repris à zéro ce jeudi 22 janvier 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette reprise intégrale de la procédure fait suite à un changement dans la composition de la Cour, conformément aux règles de procédure pénale.
Condamné en décembre 2024 en première instance, Dr Mohamed Diané avait écopé d’une peine de 5 ans d’emprisonnement pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite. La juridiction l’avait également condamné au paiement d’une amende de cinq milliards de francs guinéens, ainsi qu’au versement de 500 milliards GNF à titre de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen. Une grande partie de ses biens avait par ailleurs été saisie.
À l’audience de ce jeudi, après la présentation des motifs d’appel par les avocats de la défense et ceux représentant la partie civile, la Cour a procédé à un nouvel interrogatoire du prévenu. Prenant la parole, Dr Mohamed Diané a catégoriquement rejeté l’ensemble des charges retenues contre lui. « Si j’ai interjeté appel, c’est parce que la décision rendue par la chambre de jugement ne repose sur aucun fondement sérieux », a-t-il affirmé devant les juges.
Sur le volet du détournement de deniers publics, l’ancien ministre a soutenu qu’aucun document comptable relatif à sa gestion ne lui avait été présenté tout au long de la procédure. Il a également déploré le fait d’être poursuivi seul dans cette affaire, estimant que l’intendance, qu’il considère comme l’entité chargée de la gestion directe des fonds, n’a jamais été inquiétée.
Concernant l’accusation d’enrichissement illicite, Dr Diané a déclaré que la majorité des biens mis à sa charge ne lui appartiennent pas. Il a affirmé que près de 80 % de ces biens seraient indûment associés à son patrimoine, avant de dénoncer ce qu’il qualifie de poursuites à caractère politique. « J’ai été arrêté pour me discréditer politiquement », a-t-il martelé.
L’ancien ministre a toutefois reconnu être propriétaire de certains biens, notamment une maison située à Missira, acquise en 1986, une villa à Sinkèfara, deux terrains non bâtis à Hérémakono et à Karfamoriah, un terrain à Bordo reçu de son frère, ainsi qu’un terrain à Baladou. Il a précisé que seuls les terrains de Bordadou et de Baladou ont été acquis durant son passage au gouvernement, tout en affirmant ne posséder aucune parcelle à Conakry.
À l’issue de cet interrogatoire, la chambre des appels a déclaré les débats clos et renvoyé l’affaire au 29 janvier 2026 pour les plaidoiries des avocats et les réquisitions du ministère public.
Mamadou M Bah














