Le dossier judiciaire impliquant Dr Ibrahima Kourouma et Mohamed V. Sankhon a franchi une étape décisive ce mardi 20 janvier 2025, avec l’ouverture des plaidoiries et des réquisitions devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les débats ont été lancés par les conseils de la partie civile. Représentant l’État guinéen, Me Pépé Antoine Lamah et Me Faya Gabriel Kamano ont invité la Cour à revenir sur la décision rendue en première instance concernant l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire. Ils ont demandé l’annulation de la relaxe prononcée pour le chef de détournement de deniers publics et la reconnaissance de la culpabilité du prévenu pour ces faits.
Dans leurs réquisitions, les avocats de l’État ont également sollicité l’application intégrale des demandes formulées par le ministère public, notamment la restitution au Trésor public des sommes présumées détournées. Les montants évoqués s’élèvent à 612 milliards de francs guinéens et à 12 millions de dollars américains. À cela s’ajoute une requête de confiscation des biens du prévenu, sans inventaire détaillé rendu public à l’audience, ainsi qu’une demande de réparation civile chiffrée à 5 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.
De son côté, le ministère public a invité la Cour à considérer son intervention comme un appel incident, plaidant ainsi pour la confirmation pure et simple du jugement de première instance dans toutes ses dispositions.
La défense, quant à elle, a réaffirmé sa position en faveur de la relaxe, soutenant l’absence d’éléments probants permettant d’établir et de chiffrer un quelconque enrichissement illicite imputable à son client. En dernier mot, Dr Ibrahima Kourouma a déclaré s’en remettre à la sagesse de la Cour.
À l’issue des débats, le président de la formation de jugement, le juge Francis Kova Zoumanigui, assisté de ses conseillers, a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu pour le mardi 10 février.
Mamoudou Bah














